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assemblée générale 2014

Rapport moral.

Le bilan général pour l’année 2013 se révèle être positif : trois nouveaux visiteurs sont venus compléter notre équipe ; War Zao a participé de manière plus directe au parcours des arrivants et de leur suivi ; l’aide financière de Monsieur Urvoas, député du Finistère et président de la Commission des lois à l’Assemblée Nationale, a consolidé notre assise et nous permet d’envisager l’avenir avec un optimisme raisonnable ; l’opération des colis de Noël a été menée de manière « professionnelle » ; notre collaboration avec la direction et le personnel de la Maison d’Arrêt s’est déroulée dans un climat de plus grande coopération m’a t-il semblé ; une entente cordiale s’est tissée avec les conseillers et la direction du SPIP ; au cours de rencontres particulièrement vivantes nous avons répondu au questionnement de lycéens, motivés et enthousiastes, sur les activités de War Zao et de la vie en prison…
Il est vrai, cependant, que quelques nuages se sont invités dans ce ciel éthéré : le nombre de municipalités nous subventionnant a commencé à se comparer à une peau de chagrin.
Néanmoins, la mécanique bien huilée de War Zao a continué à œuvrer pour améliorer les conditions de détention et apporter un soutien financier lorsque de dernier se révèle être indispensable.
Les visiteurs.
En 2013, nous étions 15 visiteurs.
Chacun d’entre nous a rencontré régulièrement deux à trois personnes en moyenne.
Cet accompagnement qui peut être un des premiers pas sur le chemin de la réinsertion, se bâtit autour d’une relation où l’écoute, la confiance façonnée par petites touches, parfois les confidences, se conjuguent pour générer une attention, certes fragile, mais tout simplement humaine et chaleureuse, comme une main symboliquement tendue. Au fur et à mesure des visites se tisse un lien ténu qui, tel un fil d’Ariane, relie l’univers carcéral au monde extérieur, monde dans lequel la personne que nous rencontrons, devra retrouver, tôt ou tard, une place, sa place.
Des réunions bi-mensuelles, réunissant les visiteurs, ont permis d’échanger, de parler des expériences, du vécu des visites, du ressenti, d’exposer ses doutes, de demander une aide. La mutualisation de toutes ces données a conduit à un meilleur décodage de ce que l’approche de la personne visitée pouvait engendrer comme difficultés.
Toutefois, chaque rencontre a ses propres spécificités et reste unique dans la solitude glacée du parloir.
La participation de War Zao aux commissions pluridisciplinaires uniques.
Ces commissions où CPU comprennent deux volets :
Les CPU « arrivants » ;
Les CPU de suivi.
Les CPU « arrivants » se sont déroulées chaque mercredi matin. Elles avaient pour but, après l’examen de la situation personnelle de chaque nouveau détenu, de proposer à ce dernier le parcours de détention le mieux adapté.
Ce furent des lieux privilégiés de concertation. En effet, tous les services intervenant lors du parcours du nouvel arrivant y étaient conviés : direction de la Maison d’Arrêt, officiers de la détention, surveillants, conseillers du SPIP, PJJ, la responsable locale de l’enseignement, l’unité sanitaire, la référente qualité RPE et, depuis janvier 2013, notre association.
La participation de War Zao aux CPU s’explique par le fait que l’association concourt, chaque mois, à la constitution du kit-arrivant qui est attribué à chaque nouveau détenu : paquet de tabac à rouler, papier à rouler, briquet électronique, doses de café et de sucre en poudre.
Si lors des premières CPU, nous étions un peu « frileux » et même si notre apport est resté fort modeste, nous y avons participé avec ardeur et régularité. Nous en avons d’ailleurs manqué aucune.
Quant aux CPU de « suivi », elles ont concerné les détenus qui étaient en détention depuis au moins un an, voire deux ans ou plus…La situation de chacun d’entre-eux fut examinée et des recommandations leur furent adressées.
Elles se sont tenues un jeudi par mois.
L’aide de Monsieur Urvoas.
Au cours du mois d’août, Yves et moi-même sommes allés rencontrer Monsieur Urvoas à Quimper.
Ce n’était pas le hasard qui avait fait que nous avions sollicité cet entretien. Nous connaissions tout l’intérêt que Monsieur Urvoas portait au système pénitentiaire français et les différentes fois où nous avions eu l’occasion de l’écouter ou de le lire, les propos qu’il avait tenus ou écrits , avaient éveillé notre attention.
Monsieur Urvoas a bien compris la difficulté principale auquelle l’association se heurtait fréquemment : l’obtention de subventions auprès des municipalités, de plus en plus frileuses.
Une vingtaine de communes finistériennes ont continué à nous suivre en 2013 ; mais, il paraît évident, aujourd’hui, que face à des réalités économiques délicates, l’univers carcéral ne « pèse » pas très lourd dans les choix budgétaires qui sont faits.
Ce constat établi, Monsieur Urvoas nous a proposé une aide de 10 000 € prise sur sa réserve parlementaire.
Cette somme représentant plus de la moitié de notre budget annuel, je vous laisse imaginer qu’elles furent nos impressions en sortant de cet entretien.
Je remercie donc publiquement Monsieur Urvoas pour ce geste plus que conséquent.

L’opération colis de Noël.
Cette opération s’était très mal déroulée en 2012. Nous étions amers et mécontents de la façon dont la distribution s’était déroulée et de la perte financière que ce disfonctionnement représentait. Nous ne voulions en aucune manière réitérer ce genre de mésaventure.
En 2013, à cet effet, nous avons convenu avec Monsieur Bruère de nous rencontrer en amont de l’opération de manière à ce que cette dernière soit préparée dans les moindres détails.
Ce fut une réussite totale. La préparation des colis, le jeudi, coordonnée de main de maître par Jacques Lerest, s’est faite dans une très bonne ambiance et de manière rapide. Nous étions une quinzaine, accompagnés par trois lycéennes venues spécialement de Concarneau pour nous épauler : Ophélie, Louise et Charlène.
Cerise sur le gâteau, les chariots indispensables à la remise des colis étaient disponibles dès le lancement de l’opération.
Le vendredi matin, la distribution, encadrée par deux surveillants compétents, Lydie et Steevy, n’a connu aucun accroc. Beaucoup des détenus que nous avons rencontrés, semblaient attendre ce colis qui, bien que modeste dans sa composition, représentait un geste festif et chaleureux en cette veille de fête. Nous avons été, quasiment à chaque ouverture de cellule, accueillis par un sourire et une poignée de main franche, sincère et cordiale.
Ce fut vraiment une réussite mémorable.
Les relations avec la Maison d’ Arrêt .
Je vais maintenant évoquer un volet incontournable, la clé de voûte de notre fonctionnement, voire le plus important pour pérenniser notre action, celui qui concerne les relations que nous entretenons avec la Maison d’Arrêt : direction, personnel pénitentiaire, SPIP et scolarité.
Mes propos vont peut-être paraître dityhyrambiques, il n’en est pas moins vrai qu’en 2013 la qualité de ces relations fut d’un niveau jusqu’alors jamais atteint. L’écoute et l’échange furent limpides et constructifs. Je me dois de citer les personnes qui ont permis cette avancée essentielle : M. Ménager, directeur de la maison d’Arrêt et M. Ben Ghaffar, directeur adjoint.
Notre participation aux CPU a contribué à ce que notre vision jusqu’à alors périphérique du monde carcéral devienne plus centrale et notre lecture de l’incarcération plus réaliste.
Rencontrer la direction de la Maison d’Arrêt chaque semaine a permis de régler rapidement certains problèmes, de trouver des réponses à des questionnements, de mieux valoriser nos actions.
L’informatisation de nos relations, à travers les échanges de mails, a grandement facilité la communication. Monsieur Ménager et Monsieur Ben Ghaffar ont répondu avec rapidité, concision et clarté.
Les mêmes remarques sont à formuler concernant les relations avec la détention. Monsieur Bruère et Monsieur Maindron, avec qui nous avons été régulièrement en contact, ont répondu avec autant de célérité.
La même qualité de service et d’écoute nous a été réservée au secrétariat où oeuvrent Madame Le Gall et Madame Genest.
Je remercie grandement toutes ces personnes qui ont consacré un peu de leur temps à War Zao parce que je connais leur forte implication dans le fonctionnement de l’Hermitage et que ce dernier n’est pas une sinécure.
Le constat est identique en ce qui concerne le SPIP.
Les conseillers d’insertion et de probation que nous sommes venus, chaque semaine, perturber dans la douce chaleur de leur local où une convivialité de bon aloi nous a toujours accueilli, nous ont toujours reçu avec le sourire ; ils étaient prêts à nous guider et à nous éviter des errements dans le labyrinthe pénitentiaire.
L’année 2013 a vu se mettre en place un fonctionnement d’une grande réactivité grâce à la souplesse de War Zao. Nous avons répondu dans la journée à toute demande que nous étions en mesure de satisfaire : billets de bus/tram, billets sncf, aides financières ponctuelles…
Les demandes furent souvent formulées par mails. Cette façon de travailler a permis de faire face à des situations d’urgence et n’avaient qu’une seule finalité : venir en aide aux détenus connaissant des difficultés financières.
La direction du SPIP est pareillement à remercier. Son aide matérielle conséquente et les conseils que les visiteurs ont pu trouver auprès d’elle, ont été un soutien important.
Les premiers contacts que nous avons eus avec Madame Le Moine depuis son arrivée, ont été très positifs et ont permis d’entrevoir une collaboration riche, variée et bénéfique.
Notre coopération avec Madame Sylvie Pasquiou, responsable de l’enseignement au sein de la Maison d’Arrêt, a été très bonne comme au cours des années précédentes.
Le système de bourses scolaires, mis en place maintenant depuis plusieurs années, a fonctionné régulièrement ; nous avons aidé deux à quatre détenus chaque mois.
Madame Pasquiou savait qu’elle pouvait compter également sur War Zao pour soutenir certains cas particulier, tels par exemple le passage d’un examen dans un lieu éloigné de Brest ou bien encore l’achat de dictionnaires.
Les interventions scolaires.
Dans ce domaine, l’année 2013 a été satisfaisante.
L’association est intervenue dans un collège, celui de Lannilis, où l’accueil réservé à notre visiteuse Danielle Chapel a été fort sympathique.
Deux groupes d’élèves de première, un de la Croix Rouge et l’autre de Dupuy de Lome, nous ont invités à participer à leur projet de TPE.
La rencontre la plus inattendue fut celle que nous eûmes avec trois lycéennes du lycée Saint-Joseph de Concarneau : Ophélie, Louise et Charlène. Leur travail, dans le cadre d’une épreuve notée coefficient 16 au baccalauréat, devait être totalement consacré à une association. Leur choix s’étant porté sur War Zao, nous acceptâmes avec plaisir de les aider à monter leur dossier. Toute la vie de War Zao a été ainsi abordée : historique, fonctionnement, rôle, interaction avec l’administration pénitentiaire, les municipalités, les ccas, les autres associations…
Yves et moi-même sommes allés deux fois les rencontrer. Lors de notre première intervention, un membre du ccas de Concarneau était désireux de nous contacter ; nous nous sommes arrangés pour qu’il puisse se joindre à nous.
Nous avons profité de l’occasion pour inviter ces trois élèves à participer à l’opération des colis de Noël. Elles ont accepté avec enthousiasme.
Le jeudi soir, après avoir emballé de nombreux colis, elles sont reparties enchantées et prêtes à collaborer de nouveau en cas de nécessité.
Fin mars, j’ai reçu leur dossier terminé. C’est un excellent travail qui devrait être couronné par une bonne note.
Les sollicitations des établissements scolaires se sont faites plus rares ; cependant, j’estime le cru 2013 de très bonne qualité. Les groupes qui ont demandé notre intervention, étaient très motivés.
Les autres associations.
L’association a été présente dans le « collectif prison » ; pas assez il est vrai. Il fut parfois difficile de trouver des visiteurs qui pouvaient se libérer pour participer aux réunions.
En 2013, le bureau de War zao a dû consacrer, certaines semaines, deux, voire trois journées, à la Maison d’Arrêt. Certes, cette présence était parfois exigeante néanmoins elle représentait pour les membres de notre association une motivation toujours plus grande d’aller de l’avant et de se donner les moyens de progresser encore plus dans le soutien et l’aide aux détenus.
C’est une priorité pour nous, j’irais jusqu’à dire un devoir compte tenu de l’engagement que nous avons pris en devenant visiteurs.
Conclusion.
Comme je l’indiquais au début de mon intervention, le bilan 2013 est très positif.
L’année 2014 a bien commencée : de nouveaux visiteurs seront bientôt actifs et les actions de War Zao au sein de la Maison d’Arrêt devraient connaître au courant du dernier trimestre de nouvelles orientations.
Je finirai sur une note optimiste : je reste persuadé que l’association a une longue vie devant elle, avec un renouvellement régulier de ses membres, du bureau et une participation toujours plus grande et efficace dans le traitement des difficultés rencontrées par certains détenus.

Portfolio

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